14/11/2016

Les ponts sur la Sambre

Le pont de France

   C'est en 1929 que les autorités ont décidé de la construction d'un nouveau pont sur la Sambre, suite à l'important développement de la circulation automobile durant l'entre-deux guerres.

     La Ville a signé une convention avec l'Etat. Outre la construction du pont, qui offrait une liaison directe avec le boulevard Ad Aquam, cette convention prévoyait l'aménagement du confluent, de ses abords et des travaux sur la Sambre. 

     Les travaux ont débuté directement mais ont pris beaucoup de retard pour des raisons administratives et parce que l'Etat ressentait financièrement les séquelles de la crise de 1929.

 

     Le pont fut enfin inauguré en 1933, mais il avait fallu lui donner un nom, ce qui suscita une polémique entre François Bovesse, de tendance socialiste, et le très catholique journal Vers l'Avenir. 

    François Bovesse voulait l'appellation Pont de France et la réaction du journal fut vive...: "Sommes-nous Belges ou Français ? Les autres ponts portent des appellations raisonnables...". La réponse du socialiste fusa dans les colonnes de La Province de Namur: "Quant à baptiser pont de Sambre un pont qui est sur la Sambre, cela manque vraiment d'originalité. J'aime mieux, je vous l'avoue, le pont d'Iéna, le pont Alexandre III, le pont des Soupirs... Quelle appellation donner au pont ? Quel nom plus joli que le pont de France en cet endroit où la Meuse et la Sambre, venant de France, mêlent leurs eaux..."

     Les voies du vicinal ont été déplacées sur le nouveau pont métallique construit dans un axe différent de la passerelle, laquelle, devenue sans utilité, fut démontée après quelques décennies de bons et loyaux services.

     Les accès d'entrée et de sortie du pont ont nécessité d'importants remblais et la construction de hauts murs. Le port du Grognon a disparu pour moitié et le quartier du même nom a été à deemi enterré ! 

     A peine inauguré, le pont de France a été dynamité par le Génie belge le 15 mai 1940. Un pont provisoire fut directement construit par les allemands qui le démolirent lors de leur retraite en 1944 pour freiner l'avancée des blindés américains.  

     En 1949 enfin, on inaugura un autre pont reconstruit à l'identique.

 

29/10/2016

Les ponts sur la Sambre

La passerelle du Vicinal (près du Grognon)

    Le tram vers Wépion? Un enjeu politique ! Le pouvoir communal de Namur était divisé en deux clans: les "Catholiques" et les "Anticléricaux". Les travaux de construction e la ligne Namur - Malonne avait commencé en 1891 mais la prolongation de la ligne vers Wépon, via La Plante, ne faisait pas l'unanimité.

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    Les "Anticléricaux" étaient plutôt favorables à la réalisation de la ligne vers Wépion contrairement à la presse locale catholique: "Celle ligne, non seulement ne rémunérera pas le capital employé à sa construction mais elle ne pourra être exploitée sans subsides. Elle n'aura pas d'utilité sérieuse pour les habitants de Wépion ou du faubourg de La Plante et enfin, pour la Ville, elle ne sera que nuisible".

     Pourtant, en 1894, on inaugura en grandes pompes la ligne vicinale vers Wépion, avec le passage sur la nouvelle passerelle construite à cet effet.

     Cette nouvelle passerelle suscita de nombreux commentaires: "une belle réussite technologique mais un désastre au point de esthétique ! 

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    La construction de la passerelle avait débuté en 1894. Longue de 119 mètres, elle pesait 190 tonnes ! Elle franchissait la Sambre et aussi l'espace portuaire du Grognon pour aboutir sur la promenade aménagée du boulevard Ad Aquam. Construite à l'usage du chemin de fer vicinal, elle pouvait aussi être utilisée par les piétons et les cyclistes.

     Une première réparation importante eut lieu en 1926 mais ce n'est que le 23 août 1933, sous les yeux d'un nombreux public, que le tram

n°4, qui avait quitté la gare à 18h10, franchit pour le dernière fois la passerelle métallique du confluent. Le câble du trolley fut directement arraché et les chalumeaux commencèrent à mettre en pièces la passerelle qui avait rendu de bons et loyaux services durant quatre décennies. 

     Place au pont de France ! 

25/10/2016

Les ponts sur la Sambre

 

Le pont de la Libération

(avant pont de Salzinnes puis pont d'Omalius)

     Un troisième pont sur la Sambre semblait indispensable à cause du développement et la croissance de Salzinnes. La décision de sa construction fut prise en 1872. L'Etat prenait en charge sa construction sur un terrain cédé par la Ville. Ce pont, à trois arches, reposait sur deux piles en pierre et couvrait les deux chemins de halage.

 

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Le pont à trois arches

    Comme les autres ponts namurois, celui-ci paya un lourd tribu à la guerre ! Il subit une première destruction en 1914, dynamité par l'armée belge. L'occupant allemand le remplaça par un pont provisoire durant la durée de la guerre.

     Un nouveau pont vit le jour en 1923 et suite aux besoins de la navigation et à l'augmentation du gabarit des bateaux, les autorités optèrent pour une structure à deux arches.

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La structure a deux arches

    En 1940, l'armée belge dynamita une nouvelle fois ce pont, comme tous les autres, et une fois de plus, un pont provisoire fut jeté par les allemands qui le détruisirent le 4 septembre 1944 quand ils cédèrent Namur aux américains. Un nouveau pont provisoire construit par les américains, un "Bailey bridge", une lourde entreprise qui ne s’est achèvée que le 6 septembre sous le feu sporadique de l’ennemi, 
 lui succéda après la guerre jusqu'à la construction du pont dans sa configuration actuelle. Il prit le nom de pont de la Libération.

     "Bailey bridge" ou "pont Baley": inventé par l’Anglais Donald Bailey, c’est un véritable mécano dont de multiples variantes ont existé (et sont encore utilisées de nos jours), la ‘classe’ indique approximativement le tonnage supporté.

20/10/2016

Les ponts sur la Sambre namuroise

 

 

Le pont de l'Evêché

     Durant des siècles, seuls les gués, avant la canalisation, les passeurs d'eau et un unique pont, le pont de Sambre, ont permis le franchissement de la rivière.

     En 1841, on construisit un premier pont qui fut remplacé par un autre, 25 ans plus tard, en 1866, le pont de Salzinnes. Le tablier métallique plat reposait sur une pile en pierre et d'élégantes rambardes en fer forgé garnissaient ses flancs.

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Le pont de Salzinnes

    En 1872, suite à la construction d'un nouveau pont quelques centaines de mètres en amont, qui prit le nom de pont de Salzinnes, actuellement pont de la Libération, l'ancien pont du même nom devint le pont de l'Evêché, à cause de sa proximité avec l'évêché.

     Le vieillissement ayant entraîné d'importantes déformations dans la structure métallique du pont, il fut démonté en 1939 et remplacé par un pont en béton armé, d'une seule arche pour faciliter la navigation.

     A peine quelques mois après sa construction, il fut dynamité par les militaires belges le 15 mai 1940. Les allemands érigèrent un pont provisoire qu'ils détruisirent eux-mêmes au cours de leur retraite.

     En 1948, une nouvelle reconstruction, à l'identique avec le pont de 1939, donnera aux namurois le pont tel qu'on peut encore le voir aujourd'hui.

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Le pont de l'Evêché aujourd'hui

 

15/10/2016

Les ponts sur la Sambre namuroise

 

Le pont de Sambre

 

      Les documents  iconographiques attestent de l'existence du pont de Sambre dès le 14è siècle et jusqu'au 19è siècle, il resta l'unique pont sur la Sambre. 

     Mais selon certains chercheurs, un pont avait été jeté sur la Sambre dès l'époque carolingienne, à l'emplacement du pont actuel. Gués et passeurs d'eau permettaient aussi de franchir la Sambre, une rivière non canalisée...

     Le pont initial, en bois, n'a pas résisté à une crue en 1409. Réparé deux ans plus tard, on le couvrit de pavés. De nouveau détruit par les français lors du siège de 1695, il fut reconstrit en pierre, avec trois arches, l'année suivante.

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Source ? 

        Depuis, il a connu quelques modifications, comme celles de 1827 et 1844, mais il a résisté à tout, même à l'importante inondation de 1740, avant d'être remplacé, en 1869, par un pont métallique à voirie plate. C'est sans doute pour l'adapter aux nouvelles contraintes de la navigation que ce patrimoine très ancien a été sacrifié.

     En 1914, l'armée belge détruisait tous les ponts pour contrarier les mouvements des troupes allemandes mais le pont de Sambre fit épargné à la demande du bourgmestre pour éviter la rupture des canalisations d'eau potables, aménagées en 1844, qui reliaient le Grognon à la rive gauche.

     En 1940, le pont n'échappa pas aux charges des mineurs du Génie mais les allemands, persuadés de la permanence du Reich chez nous, le réparèrent ! En 1944, c'est au tour des allemands de détruire ce qu'ils avaient réparé, pour retarder la progression de l'armée américaine. Celle-ci disposait d'énormes moyens et a construit un pont provisoire qui permettait le passage des blindés. Après la guerre, ce pont fut adapté aux besoins de la population avant d'être remplacé, en 1951, par le pont qu'on connaît actuellement. L'inauguration officielle eut lieu en 1952. Cette nouvelle structure ne présente aucun intérêt particulier. 

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      Pour accéder au pont à trois arches, en venant de la ville, il fallait emprunter un passage percé dans une maison particulière, la "Maison de la Porte". Selon l'historien Gaillot, ce n'était pas une fortification mais bien une servitude.

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La "Maison de la Porte " et le pont de Sambre selon Kegeljan

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Le bougeois J. Fivet s'est inspiré de Kegeljan pour réaliser ce dessin

 

     Notons encore qu'en 1945, le pont de Sambre l'a échappé belle ! L'architecte urbaniste Lacoste avait planifié sa suppression: la rue de l'Ange devait être prolongée en ligne droite et reliée à l'autre rive par un nouveau pont aboutissant rue Pied du Château. Ce plan, jugé trop onéreux, ne fut pas réalisé.

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Dessin de J. Fivet d'après une photo.

   

07/10/2016

La Sambre - Activités.

Les activités sur et en bord de Sambre

     L'activité était essentiellement économique (liaison fluviale entre Liège et Charleroi) avec une navigation beaucoup plus importante qu'aujourd'hui. Cette navigation contribua au développement des ports du Grognon et de Gravière et ont favorisé quelques industries namuroises telles le commerce (marchés à proximité comme le marché aux poissons et la marché au foin), l'hôtellerie et les cafés pour héberger et abreuver les bateliers...

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Activité portuaire au Grognon

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La Porte de Gravière où se développera l'activité portuaire

    De nombreuses activités industrielles ont pris naissance en bordure de Sambre, la plupart bien en amont de Namur (Basse-Sambre).

     Avant la révolution industrielle, la Sambre était réputée pour sa richesse floristique et faunistique à cause de la présence de nombreuses zones humides mais les pratiques industrielles des 19è et 20è siècles (rejet des déchets non traités, suppression des zones humides...) on réduit presqu'à néant ces richesses écologiques.

     Des documents anciens nous relatent certaines activités sportives, comme du canotage, des joutes et la présence, en hiver, du bassin de natation sis près du pont de Jambes durant la péride estivale.  Des ménagères profitaient de la présence de la fontaine des Bouchers, qui devait son nom à sa proximité avec la rue du même nom, pour venir laver leur linge...

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La fontaine des Bouchers

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Les ménagères à l'ouvrage

    Les liaisons vers Namur (les ponts) feront l'objet du prochain paragraphe.

 

Régulation de la Sambre -

La légende

     La Sambre semble avoir été "artificialisée" depuis très longtemps ! La légende et des chroniqueurs médiévaux Rapportent que Bavo, qui aurait été un prince grec, aurait fondé, après la guerre de Troie, un royaume ayant englobé tout le Hainaut. Bavo aurait eu de nombreux fils parmi lesquels Bavo Belgineus, un druide, qui aurait cherché à dompter la Sambre quand la ville de Belgis (Cambrai ?) manquait d'eau.

   Selon le chroniqueur Jacques de Guyse, "une rivière du nom de Cambro puis de Cambra coulait près de Belgis et Bavo Belgineus fit construire des chutes d'eau et des murailles, élevées en travers au milieu  de la rivière et avec un système de roues mobiles et de tuyaux, amenait l'eau jusqu'à la ville et ses fossés".

     Ces textes n'ont pas de valeur historique mais portent à croire que la Sambre avait déjà une grande importance chez les anciens.

La Sambre - Généralités

    La Sambre, rivière qui prend sa source en France, sur le plateau de Saint-Quentin, entre dans l'entité de Namur à Malonne et vient se jeter dans la Meuse à Namur.

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La Sambre à Malonne avant son détournement

     Le bassin de la Sambre est marqué par ce que les géologues ont appelé "la faille du midi". Cette bordure nord des Ardennes forme donc un creux: au sud le massif ardennais et au nord le bassin houiller et carbonifère. Ce sillon, dit de "Sambre et Meuse", se poursuit jusqu'à Liège.

     D'un point de vue militaire, la Sambre et sa vallée ont été un passage obligé pour toute armée voulant contourner les Ardennes...

     Au point de vue économique, la rivière  était une voie d'eau unique (avec la Meuse après le confluent) entre les bassins houillers et sidérurgiques de Charleroi et Liège.

 

La Sambre - La canalisation

    Jadis, la navigation sur la Sambre était difficile: débit irrégulier, crues, gel, assèchement, cours sinueux et toute une série d'obstacles artificiels (ponts, moulins, retenues d'eau...) ont contribué à cette difficulté.

    La navigation se pratiquait par "coups d'eau", une technique qui consistait à accumuler une réserve d'eau en amont des barrages et à la libérer au moment même où un bateau devait passer.

     Après de nombreux mémoires, projets et études, les autorités de l'époque ont décidé de réaliser la canalisation de la Sambre, ce qui fut fait, en Belgique, de 1925 à 1929. 

     A Namur, deux écluses régulaient le débit de la rivière: une à Salzinnes, qui alimentait le moulin de l'abbaye de Saint-Georges 

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L''abbaye de Saint Georges. Aquarelle du général de Howen, 1818.

 

et l'autre près du confluent qui a alimenté le Grand Moulin de la Sambre jusqu'en 1865, date de sa démolition suite à un incendie.

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Le Grand Moulin de la Sambre

 

    Ce barrage fut démonté en 1944 et celui de Salzinnes remplacé par un nouveau barrage construit en 1987 sur le site des Bas-Prés.

11:05 Écrit par Pierre Pagès dans Hier et aujourd'hui, retro, Sambre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

La Sambre

Note d'introduction concernant La Sambre

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- Généralités

- Régulation de la Sambre

          - la légende

          - la canalisation

          - les activités

10:40 Écrit par Pierre Pagès dans Hier et aujourd'hui, retro, Sambre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer