06/02/2017

Vestiges d'un passé lointain

 

 

Introduction

    Ce paragraphe sera consacré au beffroi (Tour Saint-Jacques), à laTour Marie Spilar, à la Tour Baduelle, au pont de Jambes età la seigneurie d'Enhaive (Jambes).

     D'autres vestiges anciens comme ceux qu'on trouve à la citadelle et certaines portes seront étudiés dans leur cadre particulier.

Le Beffroi

Généralités - Histoire

    Avant 1465, beffrois'écrivait beffroy, un mot dérivé de berfroi, terme utilisé dès 1155. Berfroi serait lui-même de bergfridu et de bergfried (donjon). Le mot serait devenu berovrit qui signifie littéralement "préserve la paix". Mais cette étymologie n'est qu'hypothèse...

     Initialement, le beffroi est conçu pour isoler les murs de pierre des cloches. C'est une construction en chêne qui repose sur un rebord intérieur en pierre. L'objectif est d'absorber les vibrations lorsque les cloches sonnent. En effet, si les cloches étaient directement reliées à la pierre, les vibrations finiraient par fendre la pierre et les murs s'écrouleraient.

 

dessin 01.JPGClocher et beffroi de la cathédrale de Chartresdessin 02.JPG

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     A partir du 11è siècle, les communes libres firent élever des beffrois qui marquaient leur autonomie et leur puissance après avoir obtenu de leurs seigneurs, dans des chartes, le droit de s'administrer elles-mêmes, de posséder et d'actionner une cloche, la "bancloke" ou "bancloche" placée dans un beffroi.

     Le plus souvent, les horloges des clochers des églises rythmaient la journée par des prières: matines, nones, vêpres ...

     La construction des beffrois et de leurs cloches sonnant les heures, annonçant un danger..., marque le passage à une époque plus profane.

     La bancloke avait deux fonctions principales consacrées par deux sonneries différentes. La première organisait le temps en signalant par exemple l'ouverture et la fermeture des portes, la seconde appelait les bourgeois à se rassembler lors de circonstances extraordinnaires et donnait l'alarme en cas de danger (incendies, approches des troupes ennemies...). Elle annonçait aussi les exécutions capitales.

     Les beffrois de Belgique sont des exemples exceptionnels d'une forme d'architecture urbaine adaptée aux exigences politiques et spirituelles de leur époque.

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Le beffroi de Gembloux

    Il faut remarquer qu'il n'y a pas de beffroi dans l'est de la Belgique. En effet, dans les principautés de Liège et de Stavelot-Malmédy, le pouvoir était ecclésiastique et le symbole des libertés communales étaient les perrons plutôt que les beffrois.

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 Le perron liégeois

Namur: de la Collégiale Saint-Pierre au Beffroi

 (A revoir le paragraphe consacré à la Collégiale Saint-Pierre)

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Plan selon l'historien J. Borgnet

    Dès le 14è siècle, le beffroi de Namur de situait dans le clocher de la collégiale Saint-Pierre-au-Château.

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    Après l'incendie de la collégiale en 1745, le tour Saint-Jacques, la plus haute des tours de l'enceinte médiévale de Namur, devint le beffroi de la ville. Tour "Saint-Jacques ? " Elle doit son nom à Jacques de Zébédée, célèbre par le pèlerinage qui mène chaque année bon nombre de croyants à Compostelle.     

     En 1746, la ville se vit donc obligée de "recycler" la tour Saint-Jacques, jusque là utilisée pour sonner les ouvertures et les fermetures des portes et la bancloke fut "installée" à la tour.

     C'est Godefroid de la Boufioule, l'architecte de la tour de Bouvignes, qui fut chargé, en 1388, de réaliser le plan de la tour dont les fondations furent établies sur pilotis en mars de cette année. Lors de sa construction, la tour a été une tour défensive intégrée dans la troisième enceinte des fortifications de la ville. Elle était presque deux fois plus haute que maintenant !

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La tour domine la ville

     Au 16è siècle, les créneaux et les deux étages supérieurs surent supprimés et au début du 18è, c'est la troisième enceinte qui fut démolie mais la tour fut préservée, restaurée et chapeautée d'un lanterneau octogonal surmonté d'un bulbe.

     Bien que réaffectée à un usage civil, le beffroi a gardé un aspect fortifié que n'ont pas les autres beffrois... Il fut toché par les bombardements du 18 août 1944 et de nombreux impacts de balles sont encore visibles.

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     Deux cloches se trouvent aujourd'hui au beffroi, l'une signée A.Vandergheyn et L. Vanaerschot (1832) et l'autre A.L.J. Vanaerschot Vandergheyn (1841). Selon le spécialiste Philippe Slegers, la lettre "J" signifie "junior". En effet, chez les fondeurs, il était important de bien marquer son territoire et d'être "junior" ou "sénior"... Ces deux cloches, fondues à Louvain, sont ornées d'illustrations gothiques et romantiques.

     Elles sont désaffectées mais le beffroi qui les soutient est en excellent état. Selon des experts, la remise en état serait peu onéreuse et leur réhabilitation serait une belle signature sonore pour la ville.

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    Ce vestige ancien ne mérite-t-il pas un meilleur traitement que celui que les autorités lui ont réservé ? Après les incendies de 1914, et le destruction de nombreux immeubles de la Place d'Armes, l'occasion était belle de mettre la tour Saint-Jacques en évidence ! Les responsables ont préféré construire la Bourse de Commerce qui masque presqu'entièrement le beffroi.

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     La construction de la Bourse avait suscité une polémique rapportée pas "Vers l'Avenir" du 15 avril 1933:

“Une polémique s’est engagée à propos de la Bourse du Commerce qui va cacher le beffroi. L’auteur de la construction défend son oeuvre. Il en est fier. C’est son droit. La critique qu’on en fait lui déplaît? Tant pis. Avec la commission des monuments, nous défendons d’une manière désintéressée une relique d’art et d’histoire qu’on veut sacrifier sans nécessité. Comme le vieux pont de Meuse, la tour Saint-Jacques est pour Namur une réclame touristique d’une valeur inestimable
L’auteur de la Bourse du Commerce assure que sa bâtisse attirera le touriste à la recherche du beffroi désormais dissimulé. Voire! Attendons que la bourse soit achevée pour en apprécier le mérite architectural. Mais ne déplaçons pas le débat. Pour l’heure, ce n’est pas le style 17è siècle de cette Bourse qui est en question, mais son emplacement et sa hauteur encombrante par rapport au beffroi..
Hélas! Il ne faut pas cesser de le répéter et M. l’architecte l’avoue implicitement, c’en sera fini à jamais de l’aspect saisissant de la tour Saint-Jacques, vue du Marché Saint-Remy, de la rue du Pont et de presque toute la place d’Armes.Tout au plus la verra-t-on s’élever au dessus d’un portique dont la construction est projetée entre la Bourse de Commerce et le café “Delguste” au coin de la rue de la Monnaie? Mais on ne la verra que si l’on se place exactement au n° 5 de la rue de Marchovelette. Qu’on fasse quelques pas à peine vers la rue du Pont et le beffroi n’apparaîtra plus qu’à moitié, masqué déjà par l’angle de la Bourse sur toute la hauteur.L’expérience est facile.
L’appareil de pierre surgit déjà de la palissade. C’est écrasant et ce n’est que le rez-de-chaussée! Posez par dessus deux étages et un comble à la manière du 17è siècle, c’est à dire fort élevé, et notre vieille tour sera désormais invisible. Voilà comment, nous dit-on, l’architecte et l’ administration communale ont eu la sagesse de conserver la vue du beffroi. Quelle dérision! C’est le contraire de la vérité, pour reprendre les termes mêmes de notre contradicteur, d’oser affirmer que le beffroi sera vu de divers côtés et de manière plus complète que précédemment. Ne payons pas de mots. Ce disant, M. l’architecte veut parler de la base de la tour, qui sera dégagée dans la cour de la Bourse, mais la partie supérieure du beffroi et son campanile, ce pourquoi nous bataillons ici, seront moins visibles qu’en 1914.
Puisque l’auteur de la Bourse sera la semaine prochaine à la disposition du public, il sera plaisant de le voir guider les naïfs à la recherche des points de vue introuvables du beffroi. Sans doute quand il les conduira sur la chantier à l’emplacement de la cour de la Bourse et de la ruelle du Beffroi leur indiquera-t-il le moyen pratique, étant au pied de l’édifice, de regarder le campanile et l’un de ses cadrans sans courir le risque de se tordre le cou.
Redisons-le, l’administration communale peut encore atténuer le mal:
1° En supprimant le deuxième étage, absolument inutile, de la Bourse.
2° En écartant résolument le projet qui consiste à démolir le café “Delguste”, au coin de la rue de la Monnaie, et à avancer de trois mètres la bâtisse nouvelle qui viendra, sans motif, rétrécir encore la seule vue que l’on aura du beffroi du côté de la place d’Armes.
Il n’y a la qu’une combinaison spéculative...”

Cet article plein d’ironie résume bien l’amertume des amoureux des témoignages historiques, vraiment pas gâtés à Namur depuis quelques décennies,puisque tous les vestiges de notre passé, si l’on excepte le pont de Jambes, la tour Saint-Jacques et la tour Marie Spilar, ont étés démolis. Nos autorités locales faisaient fi de la valeur de nos richesses historiques...et cela va continuer, plus tard, avec la construction de l’Innovation, qui “polluera” définitivement le site...mais ceci est une autre histoire!

     Depuis 1999, le site est classé par l'UNESCO au rang de "Patrimoine Mondial de l'Humanité" ! 

 

 

 

     

     

 

 

08/01/2017

Le viaduc de Beez

Le viaduc de Beez

    C'est le 2 juillet 1968 qu'eut lieu la pose de la première pierre de cet ouvrage jeté sur la Meuse à une hauteur de 42 mètres. D'une longueur de 679 mètres et d'une épaisseur de 5 mètres, il a été inauguré le 26 octobre 1971.

     De ce fait, il dégageait Namur de l'important trafic qui asphyxiait la ville (il fallait compter une à deux heures pour "franchir" Namur le dimanche soir au retour des Ardennes).

     Comme l'Atomium et le pont des Ardennes, le viaduc a été construit par les Ateliers de Construction de Jambes.

     Le viaduc (5500 tonnes) est composé de onze pièces métalliques de 40 tonnes chacune dont la dernière a été posée en 1970, le onze du onzième mois à onze heure onze !

     Cinq piles et deux culées soutiennent le tablier et la plus lognue des six travées atteint 151 mètres, un record pour l'époque...

 

18/11/2016

Le pont de Jambes

Le rôle du pont de Jambes

    Le "Pont de Jambes" a toujours joué un rôle important dans l'histoire jamboise.

- Il servait de limite territoriale entre Namur et Jambes et la tour Beauregard marquait la limite des juridictions des deux villes. Les échevinages de Namur et de Jambes s'y rencontraient pour traiter des questions communes telles l'entretien du pont, les réparation... Les Jambois considéraient la tour du pont comme un symbole puisqu'elle permettait à l'échevinage de Jambes d'y traiter d'égal à égal avec celui de Namur, aussi, les Jambois la firent figurer sur les armoiries et sur le sceau communal dès la 13è siècle.

- On y rendait la justice et il servait de lieu d'échanges de prisonniers entre les deux échevinages. Il fut aussi le théâtre d'exécutions capitales. En effet, le jour où un coupable était découvert, il était arrêté, condamné et précipité dans le Meuse du haut du pont. Enfin, au 16è siècle, la tour fut aussi utilisée comme prison.

- Le pont était également une source de revenus un droit de passage était levé sur les marchandises prises en gros comme les tonneaux de vin, les mannes de poissons...

- Dès le 15è siècle, il a joué un rôle stratégique important, et son importance est apparue sous Charles-Quint. C'était le seul pont sur la Meuse moyenne dans les Etats du comté de Namur. Lorsque l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne furent réunies sous l'autorité de Charles-Quint, ce fut l'unique passage pour les troupes de l'empereur entre ses domaines. Les deux guerres mondiales ont fait subit d'importantes mutilations au pont ce qui confirme l'intérêt stratégique de l'ouvrage.

- Enfin, il a joué un rôle considérable lors de l'essor de l'automobile en facilitant les communications entre le sud et le nord de Namur.

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14/11/2016

Les ponts sur la Sambre

Le pont de France

   C'est en 1929 que les autorités ont décidé de la construction d'un nouveau pont sur la Sambre, suite à l'important développement de la circulation automobile durant l'entre-deux guerres.

     La Ville a signé une convention avec l'Etat. Outre la construction du pont, qui offrait une liaison directe avec le boulevard Ad Aquam, cette convention prévoyait l'aménagement du confluent, de ses abords et des travaux sur la Sambre. 

     Les travaux ont débuté directement mais ont pris beaucoup de retard pour des raisons administratives et parce que l'Etat ressentait financièrement les séquelles de la crise de 1929.

 

     Le pont fut enfin inauguré en 1933, mais il avait fallu lui donner un nom, ce qui suscita une polémique entre François Bovesse, de tendance socialiste, et le très catholique journal Vers l'Avenir. 

    François Bovesse voulait l'appellation Pont de France et la réaction du journal fut vive...: "Sommes-nous Belges ou Français ? Les autres ponts portent des appellations raisonnables...". La réponse du socialiste fusa dans les colonnes de La Province de Namur: "Quant à baptiser pont de Sambre un pont qui est sur la Sambre, cela manque vraiment d'originalité. J'aime mieux, je vous l'avoue, le pont d'Iéna, le pont Alexandre III, le pont des Soupirs... Quelle appellation donner au pont ? Quel nom plus joli que le pont de France en cet endroit où la Meuse et la Sambre, venant de France, mêlent leurs eaux..."

     Les voies du vicinal ont été déplacées sur le nouveau pont métallique construit dans un axe différent de la passerelle, laquelle, devenue sans utilité, fut démontée après quelques décennies de bons et loyaux services.

     Les accès d'entrée et de sortie du pont ont nécessité d'importants remblais et la construction de hauts murs. Le port du Grognon a disparu pour moitié et le quartier du même nom a été à deemi enterré ! 

     A peine inauguré, le pont de France a été dynamité par le Génie belge le 15 mai 1940. Un pont provisoire fut directement construit par les allemands qui le démolirent lors de leur retraite en 1944 pour freiner l'avancée des blindés américains.  

     En 1949 enfin, on inaugura un autre pont reconstruit à l'identique.

 

29/10/2016

Les ponts sur la Sambre

La passerelle du Vicinal (près du Grognon)

    Le tram vers Wépion? Un enjeu politique ! Le pouvoir communal de Namur était divisé en deux clans: les "Catholiques" et les "Anticléricaux". Les travaux de construction e la ligne Namur - Malonne avait commencé en 1891 mais la prolongation de la ligne vers Wépon, via La Plante, ne faisait pas l'unanimité.

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    Les "Anticléricaux" étaient plutôt favorables à la réalisation de la ligne vers Wépion contrairement à la presse locale catholique: "Celle ligne, non seulement ne rémunérera pas le capital employé à sa construction mais elle ne pourra être exploitée sans subsides. Elle n'aura pas d'utilité sérieuse pour les habitants de Wépion ou du faubourg de La Plante et enfin, pour la Ville, elle ne sera que nuisible".

     Pourtant, en 1894, on inaugura en grandes pompes la ligne vicinale vers Wépion, avec le passage sur la nouvelle passerelle construite à cet effet.

     Cette nouvelle passerelle suscita de nombreux commentaires: "une belle réussite technologique mais un désastre au point de esthétique ! 

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    La construction de la passerelle avait débuté en 1894. Longue de 119 mètres, elle pesait 190 tonnes ! Elle franchissait la Sambre et aussi l'espace portuaire du Grognon pour aboutir sur la promenade aménagée du boulevard Ad Aquam. Construite à l'usage du chemin de fer vicinal, elle pouvait aussi être utilisée par les piétons et les cyclistes.

     Une première réparation importante eut lieu en 1926 mais ce n'est que le 23 août 1933, sous les yeux d'un nombreux public, que le tram

n°4, qui avait quitté la gare à 18h10, franchit pour le dernière fois la passerelle métallique du confluent. Le câble du trolley fut directement arraché et les chalumeaux commencèrent à mettre en pièces la passerelle qui avait rendu de bons et loyaux services durant quatre décennies. 

     Place au pont de France ! 

25/10/2016

Les ponts sur la Sambre

 

Le pont de la Libération

(avant pont de Salzinnes puis pont d'Omalius)

     Un troisième pont sur la Sambre semblait indispensable à cause du développement et la croissance de Salzinnes. La décision de sa construction fut prise en 1872. L'Etat prenait en charge sa construction sur un terrain cédé par la Ville. Ce pont, à trois arches, reposait sur deux piles en pierre et couvrait les deux chemins de halage.

 

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Le pont à trois arches

    Comme les autres ponts namurois, celui-ci paya un lourd tribu à la guerre ! Il subit une première destruction en 1914, dynamité par l'armée belge. L'occupant allemand le remplaça par un pont provisoire durant la durée de la guerre.

     Un nouveau pont vit le jour en 1923 et suite aux besoins de la navigation et à l'augmentation du gabarit des bateaux, les autorités optèrent pour une structure à deux arches.

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La structure a deux arches

    En 1940, l'armée belge dynamita une nouvelle fois ce pont, comme tous les autres, et une fois de plus, un pont provisoire fut jeté par les allemands qui le détruisirent le 4 septembre 1944 quand ils cédèrent Namur aux américains. Un nouveau pont provisoire construit par les américains, un "Bailey bridge", une lourde entreprise qui ne s’est achèvée que le 6 septembre sous le feu sporadique de l’ennemi, 
 lui succéda après la guerre jusqu'à la construction du pont dans sa configuration actuelle. Il prit le nom de pont de la Libération.

     "Bailey bridge" ou "pont Baley": inventé par l’Anglais Donald Bailey, c’est un véritable mécano dont de multiples variantes ont existé (et sont encore utilisées de nos jours), la ‘classe’ indique approximativement le tonnage supporté.

20/10/2016

Les ponts sur la Sambre namuroise

 

 

Le pont de l'Evêché

     Durant des siècles, seuls les gués, avant la canalisation, les passeurs d'eau et un unique pont, le pont de Sambre, ont permis le franchissement de la rivière.

     En 1841, on construisit un premier pont qui fut remplacé par un autre, 25 ans plus tard, en 1866, le pont de Salzinnes. Le tablier métallique plat reposait sur une pile en pierre et d'élégantes rambardes en fer forgé garnissaient ses flancs.

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Le pont de Salzinnes

    En 1872, suite à la construction d'un nouveau pont quelques centaines de mètres en amont, qui prit le nom de pont de Salzinnes, actuellement pont de la Libération, l'ancien pont du même nom devint le pont de l'Evêché, à cause de sa proximité avec l'évêché.

     Le vieillissement ayant entraîné d'importantes déformations dans la structure métallique du pont, il fut démonté en 1939 et remplacé par un pont en béton armé, d'une seule arche pour faciliter la navigation.

     A peine quelques mois après sa construction, il fut dynamité par les militaires belges le 15 mai 1940. Les allemands érigèrent un pont provisoire qu'ils détruisirent eux-mêmes au cours de leur retraite.

     En 1948, une nouvelle reconstruction, à l'identique avec le pont de 1939, donnera aux namurois le pont tel qu'on peut encore le voir aujourd'hui.

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Le pont de l'Evêché aujourd'hui

 

15/10/2016

Les ponts sur la Sambre namuroise

 

Le pont de Sambre

 

      Les documents  iconographiques attestent de l'existence du pont de Sambre dès le 14è siècle et jusqu'au 19è siècle, il resta l'unique pont sur la Sambre. 

     Mais selon certains chercheurs, un pont avait été jeté sur la Sambre dès l'époque carolingienne, à l'emplacement du pont actuel. Gués et passeurs d'eau permettaient aussi de franchir la Sambre, une rivière non canalisée...

     Le pont initial, en bois, n'a pas résisté à une crue en 1409. Réparé deux ans plus tard, on le couvrit de pavés. De nouveau détruit par les français lors du siège de 1695, il fut reconstrit en pierre, avec trois arches, l'année suivante.

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Source ? 

        Depuis, il a connu quelques modifications, comme celles de 1827 et 1844, mais il a résisté à tout, même à l'importante inondation de 1740, avant d'être remplacé, en 1869, par un pont métallique à voirie plate. C'est sans doute pour l'adapter aux nouvelles contraintes de la navigation que ce patrimoine très ancien a été sacrifié.

     En 1914, l'armée belge détruisait tous les ponts pour contrarier les mouvements des troupes allemandes mais le pont de Sambre fit épargné à la demande du bourgmestre pour éviter la rupture des canalisations d'eau potables, aménagées en 1844, qui reliaient le Grognon à la rive gauche.

     En 1940, le pont n'échappa pas aux charges des mineurs du Génie mais les allemands, persuadés de la permanence du Reich chez nous, le réparèrent ! En 1944, c'est au tour des allemands de détruire ce qu'ils avaient réparé, pour retarder la progression de l'armée américaine. Celle-ci disposait d'énormes moyens et a construit un pont provisoire qui permettait le passage des blindés. Après la guerre, ce pont fut adapté aux besoins de la population avant d'être remplacé, en 1951, par le pont qu'on connaît actuellement. L'inauguration officielle eut lieu en 1952. Cette nouvelle structure ne présente aucun intérêt particulier. 

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      Pour accéder au pont à trois arches, en venant de la ville, il fallait emprunter un passage percé dans une maison particulière, la "Maison de la Porte". Selon l'historien Gaillot, ce n'était pas une fortification mais bien une servitude.

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La "Maison de la Porte " et le pont de Sambre selon Kegeljan

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Le bougeois J. Fivet s'est inspiré de Kegeljan pour réaliser ce dessin

 

     Notons encore qu'en 1945, le pont de Sambre l'a échappé belle ! L'architecte urbaniste Lacoste avait planifié sa suppression: la rue de l'Ange devait être prolongée en ligne droite et reliée à l'autre rive par un nouveau pont aboutissant rue Pied du Château. Ce plan, jugé trop onéreux, ne fut pas réalisé.

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Dessin de J. Fivet d'après une photo.

   

07/10/2016

La Sambre - Activités.

Les activités sur et en bord de Sambre

     L'activité était essentiellement économique (liaison fluviale entre Liège et Charleroi) avec une navigation beaucoup plus importante qu'aujourd'hui. Cette navigation contribua au développement des ports du Grognon et de Gravière et ont favorisé quelques industries namuroises telles le commerce (marchés à proximité comme le marché aux poissons et la marché au foin), l'hôtellerie et les cafés pour héberger et abreuver les bateliers...

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Activité portuaire au Grognon

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La Porte de Gravière où se développera l'activité portuaire

    De nombreuses activités industrielles ont pris naissance en bordure de Sambre, la plupart bien en amont de Namur (Basse-Sambre).

     Avant la révolution industrielle, la Sambre était réputée pour sa richesse floristique et faunistique à cause de la présence de nombreuses zones humides mais les pratiques industrielles des 19è et 20è siècles (rejet des déchets non traités, suppression des zones humides...) on réduit presqu'à néant ces richesses écologiques.

     Des documents anciens nous relatent certaines activités sportives, comme du canotage, des joutes et la présence, en hiver, du bassin de natation sis près du pont de Jambes durant la péride estivale.  Des ménagères profitaient de la présence de la fontaine des Bouchers, qui devait son nom à sa proximité avec la rue du même nom, pour venir laver leur linge...

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La fontaine des Bouchers

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Les ménagères à l'ouvrage

    Les liaisons vers Namur (les ponts) feront l'objet du prochain paragraphe.

 

Régulation de la Sambre -

La légende

     La Sambre semble avoir été "artificialisée" depuis très longtemps ! La légende et des chroniqueurs médiévaux Rapportent que Bavo, qui aurait été un prince grec, aurait fondé, après la guerre de Troie, un royaume ayant englobé tout le Hainaut. Bavo aurait eu de nombreux fils parmi lesquels Bavo Belgineus, un druide, qui aurait cherché à dompter la Sambre quand la ville de Belgis (Cambrai ?) manquait d'eau.

   Selon le chroniqueur Jacques de Guyse, "une rivière du nom de Cambro puis de Cambra coulait près de Belgis et Bavo Belgineus fit construire des chutes d'eau et des murailles, élevées en travers au milieu  de la rivière et avec un système de roues mobiles et de tuyaux, amenait l'eau jusqu'à la ville et ses fossés".

     Ces textes n'ont pas de valeur historique mais portent à croire que la Sambre avait déjà une grande importance chez les anciens.

La Sambre - Généralités

    La Sambre, rivière qui prend sa source en France, sur le plateau de Saint-Quentin, entre dans l'entité de Namur à Malonne et vient se jeter dans la Meuse à Namur.

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La Sambre à Malonne avant son détournement

     Le bassin de la Sambre est marqué par ce que les géologues ont appelé "la faille du midi". Cette bordure nord des Ardennes forme donc un creux: au sud le massif ardennais et au nord le bassin houiller et carbonifère. Ce sillon, dit de "Sambre et Meuse", se poursuit jusqu'à Liège.

     D'un point de vue militaire, la Sambre et sa vallée ont été un passage obligé pour toute armée voulant contourner les Ardennes...

     Au point de vue économique, la rivière  était une voie d'eau unique (avec la Meuse après le confluent) entre les bassins houillers et sidérurgiques de Charleroi et Liège.

 

20/08/2016

Les églises disparues: la Collégiale Saint-Pierre au Château

 

     

La Collégiale Saint-Pierre au Château

Selon le Bulletin du Touring-club de juillet 1931, cette église serait, avec l'église Notre-Dame, une des plus anciennes de Namur. Elle existait de façon certaine avant l'an 1200 puisqu'un texte de 1184 mentionne son existence. Selon F. Rousseau, dans Namur ville mosane , Saint-Pierre serait originellement la chapelle castrale du "domus" du comte Béranger au Xè siècle. 

     Primitivement, la citadelle n'occupait que la première terrasse du contrefort, et outre le château, résidence des comtes puis marquis de Namur, on y voyait la Collégiale Saint-Pierre et quelques habitations. C'était une sorte de quartier haut de la cité dans lequel les habitants trouvaient refuge .

     Ce même texte de 1184 mentionne aussi l'existence d'un chapitre de chanoines créé soutenu financièrement par le comte de Namur, et les chanoines assuraient les offices dans cette collégiale.

     Après la création du diocèse de Namur en 1559, dès 1562, les privilèges, revenus, trésors, et ornements liturgiques précieux ont été transférés à la Collégiale Saint-Aubain, dans le centre de la ville , devenue cathédrale du nouveau diocèse et le pape Pie IV réunit son chapitre à celui de Saint-Aubain.

     La Collégiale Saint-Pierre est redevenue église et restait l'église paroissiale des habitants de la citadelle. Elle fut détruite en 1746, lors du siège de Namur par les troupes françaises lors de "la guerre de succession d'Autriche" et Marie-Thérèse la remplaça par une simple chapelle qui servirait également de magasin de vivres ou d'hôpital militaire en cas de siège. Il ne reste plus rien du bâtiment sinon quelques vestiges de fondations et le musée diocésain de Namur a recueilli plusieurs objets religieux provenant de l'église.

    L'église a servi au culte au 18è siècle, avant d'être magasin à poudre. Elle est maintenant occupée par des services de la Région Wallonne.

     Le clocher abritait un carillon en particulièrement la "bancloque"de la ville, c'est à dire la cloche officielle qui rythmait les événements de la ville et sonnait l'alerte en cas de danger. Après avoir été brisée lors du siège de 1695, elle a été remplacée par une nouvelle cloche réalisée par les fondeurs Joseph et Jacques Ferraille, des namurois. Après les événements de 1746 et l'incendie de la Collégiale, c'est par nécessité qu'on déplaça le beffroi en ville en la Tour Saint-Jacques, centrale et imosante, fut choisie pour remplir cette mission.

Album:

il y a peu d'illustrations de la Collégiale... Il doit exister des dessins de Jean de Beyer, datés de 1741, décrivant l'église avec trois tracées, prolongées d'un choeur et devancées d'un clocher court et trapu au sommet duquel domine une large horloge sans doute visible de tous les quartiers de Namur. Je nai pas retrouvé ces dessins...

 

 

11:14 Écrit par Pierre Pagès dans Hier et aujourd'hui, histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

08/08/2016

Les églises disparues: la collégiale Notre-Dame

La collégiale Notre-Dame

     C'est dans le quartier des Sarrasins que s'élevait la collégiale Notre-Dame, considérée comme le berceau du christianisme à Namur. Selon la légende, sans véritable fondement historique, ses origines remonteraient à Saint-Materne, au 4 ième siècle de notre ère. La légende attribue aussi à Saint-Materne, qui aurait donc vécu au 4 ième siècle, et aurait été évêque de Trèves ou de Cologne, la fondation d'autres églises dont celles de Walcourt, Ciney, Marche, Dinant, Hastière... Elle en fait aussi un personnage du 1 ier siècle !

     Quoi qu'il en soit, l'église Notre-Dame était très ancienne, antérieure au 8 ième siècle puisqu'à cette époque, Saint-Ode fit élever l'église à la place d'un oratoire plus ancien: la chapelle construite par Saint-Materne ?  L'évêque de Liège Etienne y fonda un chapitre de 9 chanoines, et l'église devenait donc la "Collégiale Notre-Dame".

     "Au premier siècle, notre ville s'appelait Sédroch. On y rendait le culte à une idole appelée "Nam". Le faux dieu avait son temple creusé dans le roc, juste à l'endroit où fut construite la collégiale. Sur l'autre rive de la Meuse, à Velaine (Jambes), se dressait un autel grossier fait de grosses pierres qu'on appelait la "Pierre du Diable".Des prêtres y immolaient périodiquement des victimes humaines tandis que dans son temple, l'idole "Nam" rendait des oracles. Un souterrain passant sous la Meuse reliait l'autel au templs. Un jour, Materne et Menge, disciples de Saint-Pierre, arrivèrent en ces lieux en prêchant l'évangile. Materne mit fin à la pratique barbare des sacrifices humains et ordonna à l'idole de se taire. Les Sédrochiens émerveillés avaient alors embrassé le religion chrétienne et la ville s'était appelée "Nam-mutum" (Nam muet) d'ou était venu le nom de Namur."

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La chapelle Saint-Materne et la Pierre du Diable

 

    Le plan en relief de 1748 nous montre la "fausse porte" que les Namurois devaient franchir pour parcourir le rue Notre-Dame, et le cimetière, qui s'étendait pratiquement jusq'au rempart, juste là où se trouve maintenant la rue de la Sarasse.

     Déjà mentionnée en 1313, cette porte Notre-Dame était adossée à la collégiale et fermait le rue à hauteur de l'église. En 1408, on a installé une école au rez-de-chaussée, et à l'étge, une chapelle qui a servi de fonds baptismaux à la collégiale. On pénétrait dans cette chapelle par l'intérieur de l'église. C'est sans doute grâce à ces fonctions que le porte échappa à une destruction plus précoce et à l'urbanisation de la rue. En 1711, un conflit a opposé le chapitre de Notre-Dame au seigneur d'Hinslin, bourgmestre de Namur, qui, par ressentiment personnel semble-t-il, voulait le destruction de la porte et avait fait relever les pavés de la rue de sorte que les chariots et carrosses passaient difficilement sous la voûte du baptistère. Le chapitre, après une requête auprès de Maximilien-Emmanuel, électeur de Bavière, eut sans doute gain de cause puisque la porte ne fut démolie qu'en 1804, en même temps que l'église, par décret de Directoire de la République Française.

     Une chapelle rappelle actuellement l'existence de la collégiale.

 

25/07/2016

Activités diverses sur et en bordure de Meuse

     De nombreuses autres activités ont eu et ont encore pour cadre la Meuse et ses rives...

     Citons les ménagères, qui venaient étendre et blanchir leur linge au Grognon, citons les "maîtres d'école" qui venaient donner leur leçon au Rempart Ad Aquam, citons les passeurs d'eau qui reliaient les deux rives, citons l'activité "horeca", florissante jadis au rempart puis boulevard Ad Aquam avant de disparaître quasi complètement si l'on excepte le Casino, un restaurant récent et une brasserie avenue de La Plante. 

     Aujourd'hui, il fut noter les joutes de Buley (et la brocante) qui ont lieu chaque année et qui faisaient la fierté du regretté Roger Pierard, le fondateur des "Sea Scouts" jambois qui ont leur siège et leur péniche près de l'écluse de La Plante.

     A Jambes encore, le boulevard de la Meuse accueille chaque semaine un sympathique brocante tandis que sur l'autre rive, le marché aux puces du  juillet attire toujours la grande foule.

     Wépion, avec le RYCSM, est la capitale mosane su ski nautique avec un superbe plan d'eau au pied des rochers du Néviau. Le tennis (Amée et Wépion) et l'alpinisme (Dave, Wépion, Beez) se pratiquent en bordure de Meuse.

     D'autres activités sont malheureusement plus ponctuelles: courses de jet-ski, régates, Namuraid et démonstrations diverses.

     Voiliers, kayaks et autres embarcations venant de Wépion et de Dave apportent souvent leurs lots de couleurs en navigant dur le fleuve.

     Un nouvel "horeca" s'est développé à La Plante et à Wépion tandis qu'à Jambes, "La Capitainerie", non contente d'accueillir les flotilles de touristes, organise pas mal d'activités sur la Meuse, dont le mini-foot sur un terrain flottant !

     N'oublions pas les balades pédestres et les randonnées à vélo sur le RAVEL...

     Les plages feront l'objet du prochain paragraphe

Voyez l'album et ses nombreuses photos...

26/06/2016

Activités sportives. La natation:sport ou loisir ?

    Le bassin de natation 

     Les noyades étaient, semble-t-il, trop nombreuses au 19è siècle, et en 1863, le conseiller communal Thémon lança le projet de construction d’une piscine “flottante” où seraient donnés des cours de natation.
Cet établissement “flottant” fut inauguré le 16 juillet 1865; il était long
de 35 mètres et large de 11 mètres; tout le monde pouvait y venir, même les non-nageurs, car il y avait une “petite profondeur”.

     Les autorités semblaient très satisfaites de cette réalisation:
“Nous ne pouvons que nous féliciter de la création d’un établissement d’une utilité aussi incontestable. Les bains de rivière sont un des moyens hygiéniques les plus puissants; ils contribuent infiniment à l’entretien et à l’amélioration de la santé”.

     Pourtant, plus de soixante ans plus tard, en 1931, on refaisait campagne pour la natation, en regrettant que les écoles ne consacrent pas quelques heures du cours d’éducation physique pour apprendre à nager...

          Voici quelques extraits du réglement de cet établissement:

“ Art.1. ...la personne qui ne pourra produire ce document (un coupon d’entrée) sera considérée comme n’ayant pas payé et sera tenue de payer le double du prix d’entrée.

Art.2....La durée du séjour ne peut dépasser deux heures...pour les bains en commun et une heure seulement pour les bains particuliers.

Art.3. Le caleçon est de rigueur; toute indécence, par geste ou par propos, est sévèrement interdite. L’entrée de personnes suspectes ou prises de boisson n’est pas permise.

Art.6.Les mardis et jeudis, de sept à dix heures du matin, l’établissement sera uniquement réservé aux dames et aux pensionnats de demoiselles...

Art.7....deux coups de cloche annonceront la fermeture. Au premier coup, toute personne qui se trouve à l’eau sera tenue de rentrer dans sa cabine...Au second, tout le monde sera tenu de sortir de l’établissement.

     Parmi d'autres dispositions réglementaires, on notera que dès 1874, les ouvriers ont bénéficié d'un tarif réduit. Le bassin leur était réservé le lundi en avant-soirée et le dimanche matin. Les dames et les étudiantes des pensionnats avaient accès au bassin tous les jours sauf le dimanche matin. Le coupon d'entrée s'élevait, en 1896, à 50 centimes par personne et les ouvriers ne payaient que 15 centimes.

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     Comme on peut le voir sur les photos, cette "piscine" se trouvait près du pont de Jambes, en aval du pont côté jambois. L'hiver, le bassin était démonté et amarré sur la Sambre, près du pont. En effet, la Sambre gélait moins souvent que la Meuse...

     L'école de natation fonctionna jusqu'en 1914, année où elle fut détruite par l'explosion de deux arches du pont.

Voyez d'autres illustrations dans l'album...

25/06/2016

Activités sportives sur la Meuse. - Sports nautiques.

L'aviron.

    Impossible de parler du sport nautique namurois sans évoquer le "Royal Club Nautique Sambre et Meuse" !

     Après avoir assisté à des régates organisées à Liège pour l'inauguration du pont des Arches, en 1860, Félicien Rops, un jeune "canotier" namurois, décida d'en organiser à Namur, ce qu'il fit l'année suivante en 1861. La manifestation connut un vif succès et en 1862, les Rops, Félicien, Anatole et Victor créèrent le Club Nautique Sambre et Meuse. qui connut un essor considérable au point de compter 350 membres et 1865. L'année précédente, le roi Léopold 1er avait attribué le titre "Royal" au club qui devint donc le "Royal Club Nautique Sambre et Meuse" après à peine trois ans d'existence. Plus de 500 régates, dont 5 championnats de Belgique, ont été organisées par le club.

     Dans un premier temps, un bâtiment sis rue Mazy, à Jambes, a hébergé hangar à bateaux et cafétaria mais Félicien Rops, toujours lui, se démena pour obtenir la construction d'un nouveau local, en bord de Meuse, qui fut inauguré en 1868.

     Le RCNSM innova aussi dans d'autres sports en ouvrant des sections "Armes", "Gymnastique", "Vélos", "Tennis", "Boxe", "Basket-ball"... De 1954 à 1962, il particpa à l'organisation de joutes nautiques.

     Avec la construction de l'affreux "Baulieu", le RCNSM fut contraint de quitter ses locaux situés à quelques coups de rames du pont des Ardennes pour Wépion, où il s'est installé en bord de Meuse également.

     D'autres sociétés nautiques ont vu le jour à Namur: 

- le Royal Yacthing Club Sambre et Meuse (1909)
- la 23è unité des Sea-Scouts (1960)
- le Beez Booting Club (1967)
- l'école de voile de Dave
- le Canoë KayakClub namurois en 1978.

Voyez les illustrations dans l'album "L'aviron"

 

     

 

 

 

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22/06/2016

L'activité portuaire sur la Meuse namuroise

     Située entre les bassins houillers et les villes industrielles de Liège et Charleroi, Namur a connu une activité fluviale intense même si les possibilités portuaires étaient assez réduites.

     Au début du 19è siècle, seuls les quais de la porte de Gravière, le port Saint-Martin, à La Plante, également chantier naval, et le port de Jambes, à proximité du pont du même nom, accueillaient les bateaux. Un garage pour une cinquantaine de bateaux se trouvait à l'emplacement de l'actuel parc Louis-Marie et était une sorte de bras de Sambre.

     Les bateliers n'appréciaient guère cette situation: ils jugeaient ces ports dangereux et trop difficiles d'accès. C'est ainsi qu'on créa le port du Grognon en 1847. Il était beaucoup plus accessible et mieux équipé avec des quais, des rampes d'accès...

     Le quai de Gravière continua de s'agrandir et profita de la diminution des activités du port du Grognon, suite à la construction de la passerelle vicinale (dont on reparlera dans un autre paragraphe) en 1894. Il s'étendit même au delà du pont de Luxembourg et ne cessa ses activités qu'il y a quelques années. Le port du Grognon, quant à lui, va se spécialiser dans l'accueil des bateaux pour touristes (ce sera également développé dans un autre paragraphe).

     Certaines activités industrielles se sont développées en bord de Meuse: les verreries de Jambes, le chantier naval de Beez, qui a connu un net regain d'activités avec la construction de grands bateaux destinées à des croisières fluviales organisées un peu partout en Europe, quelques carrières, qui profitent de la proximité du fleuve pour le transport de leur production...

     L'activité sur la Sambre sera abordée ultérieurement.

    Pour les illustrations, voyez l'album...

13/06/2016

La Meuse: un fleuve sauvage devenu navigable...

La Meuse n'a pas toujours été "le long fleuve tranquille" qu'on connaît actuellement ! Jadis, elle était considérée comme "sauvage" et sinueuse, peu propice à la navigation.

Ce n'est qu'après 1850 que les premiers travaux de régulation du fleuve ont été entrepris pour améliorer la navigation avec la France, deux tentatives antérieures, en 1838 et en 1841, ayant échoué.

Le barrage de Beez, en aval de Namur, a été terminé en 1864, et le barrage-écluse de La Plante, en amont, en 1871.

Ces écluses avaient 110 mètre de long pour 12 mètres de large, dimensions qui,permettaient le passage de bateaux de 600 tonnes.

Pour lutter contre les crues et les inondations, ces barrages furent modifiés à plusieurs reprises. Ainsi, les dates de 1959-1960 (La Plante) et 1983 (Beez) marquent la fin des travaux mais ce n'est qu'en 2001 que la Haute-Meuse sera mise au gabarit de 1350 tonnes sur tout son cours en Belgique.

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La Meuse namuroise en 1579, carte de Surhon.

Remarquez les noms des villages: Malogne, Huepion, Porfonteuille, Salzen, Flauwen, Colgnée...

N'oubliez pas de regarder l'album photos ci-joint... 

17:49 Écrit par Pierre Pagès dans Hier et aujourd'hui, histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

01/06/2016

Conclusion

     La plus grande partie des fortifications a disparu mais la configuration actuelle de Namur témoigne de leur existence et les derniers vestiges font partie du patrimoine namurois.

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La "corbeille"

18:54 Écrit par Pierre Pagès dans fortifications, histoire, retro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

Les bastions

    Namur a subi deux sièges importants à la fin du 17è siècle. L'armée française, commandée par Louis XVI en personne, conseillé par Vauban, s'empara de la ville en cinq jours et du château comtal en cinq semaines.

     Pendant trois ans, Vauban et ses collaborateurs ont remédié aux défauts des fortifications et amélioré celles-ci par le système des bastions.

     En juillet 1695, les alliés (anglais, allemands et espagnols, commandés par Guillaume d'Orange, roi d'Angleterre et Maximilien Emmanuel, gouverneur des Pays-Bas et électeur de Bavière, reprirent la ville aux français tout en essuyant de lourdes pertes tout comme les troupes du marquis de Boufflers (les français) qui évacuèrent la ville le 8 septembre de la même année.

Pour l'anecdote, Louis XIV était accompagné de Racine et Boileau qui faisaient fonction d'historiographes et du père Lachaise, son aumônier.

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Les bastions

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Le plan de Jacobus Harrewijn(1666-1727)

18:50 Écrit par Pierre Pagès dans histoire, retro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

La quatrième enceinte (2)

     Au 15è siècle, la commune a décidé de la construction d'un rempart avec chemin de ronde et de douze tours, et avec l'avènement des ducs de Bourgogne, les travaux se sont accéléré mais ce n'est que vers 1530 que la construction s'est achevée.

     La "neuve fermeté" ou "nouvelle fermeté"commençait à la porte de Gravière, en face de la rue d'Harscamp et longeait la Meuse jusqu'à la tour Saint-Roch. Là, elle formait un angle droit vers la porte de Saint-Nicolas, longeait les boulevards jusqu'au dessus de la rue Gaillot, gagnait la porte de Fer puis, via la rue de l'Inquiétude et derrière les maisons du boulevard Mélot, se dirigeait vers la porte de Bruxelles et aboutissait à la Sambre, au boulevard Frère Orbon.

     Toutefois, suite aux progrès de l'artillerie (les bombardes du 16è siècle portaient à 200 mètres et les canons de Louis XIV lançaient leurs obus de douze livres jusqu'à 2 kilomètres en restant précis jusqu'à 800 mètres ), ces fortifications étaient devenues obsolètes... Place aux bastions! 

     Voyez l'album sur le 4è enceinte.

10:27 Écrit par Pierre Pagès dans Hier, histoire, retro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

29/05/2016

La quatrième enceinte (1)

     Suite au développement industriel (coutelleries, brasseries, batteries du cuivre, utilisation de la force hydraulique du Houyoux pour actionner les moulins et et les tanneries) et à l'évolution démographique, le comte de Namur Guillaume II s'est vu contraint de protéger tous ces nouveaux territoires et la population qui les occupait qui se trouvaient souvent au delà de la troisième enceinte. Il a décidé de créer une "nouvelle fermeté" sur des terrains d'une faible valeur foncière, comme "les Joghiers" (terres marécageuses), les "Trieux", (pâture communale), le "Charnial" (ensevelissement des carcasses d'animaux), les "Herbattes" (prairies), en "Gravière" (sol caillouteux)...

     La première phase de la construction se situe entre 1357 et 1388, avec des palissades, un premier fossé, des portes (la porte en Try ou Trieux, sur la route de Bruxelles, citée en 1364, celle de Samson, qui s'ouvre sur les chemins vers la Hesbaye, citée en 1388, et celle de Saint-Nicolas, du côté d'Herbatte.

09:47 Écrit par Pierre Pagès dans histoire, retro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

25/05/2016

La troisième enceinte (2)

Les fossés entourant cette "vieille fermeté", dont la largeur pouvait atteindre 35 mètres, n'étaient pas toujours inondés et selon Jules Borgnet, ils étaient herbeux, dans un premier temps.

Cette "vieille fermété " va peu à peu disparaître et le développement de l'artillerie à feu l'a condamnée à brève échéance. Elle deviendra même inutile avec la construction de la quatrième enceinte.  

Ainsi, en 1412, la Porte de Saienial a hébergé l'arsenal communal, les fossés ont été comblés et vendus à des particuliers, certaines tours ont été englobées dans les habitations et les autres ont été livrées à la pioche des démolisseurs. 

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La troisième enceinte et les fossés (plan Braun)

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La troisième enceinte (plan Coronelli)

16:34 Écrit par Pierre Pagès dans histoire, retro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

23/05/2016

La troisième enceinte

    La situation favorable de Namur incite de nombreux étrangers à venir s’y installer aux 11è et 12è siècles, mais l’antagonisme entre les Comtes de Namur (sympathie française) et les Princes-Evêques de Liège (obédience germanique) fait de la plaine de Jambes et de la rive droite de la Meuse, sous la tutelle des liégeois, un territoire ennemi; de ce fait, Namur sera toujours plus sambrienne que mosane...

    C’est pourquoi on construit une nouvelle enceinte, à partir du 11è siècle, sous le règne d’Albert II le Pieux: une enceinte en pierre, flanquéede portes et de tours importantes, pour défendre la ville.

    Deux documents (plan Baun et plan Masius) nous montrent une vue générale de ce que devait être la troisième enceinte , terminée, à la fin du 14è siècle: les murs partent du confluent, avec la tour de Floreffe (ainsi nommée à cause du voisinage du refuge de l’abbaye de Floreffe), et se dirigent vers les actuelles rues Julie Billart et Emile Cuvelier, traversent le séminaire et les jardins de l’évêché pour rejoindre la Sambre au quai des Joghiers.

     L’enceinte comprend quatre portes importantes: la Porte de Hoyoul ou Houyoux (rue de Gravière), la porte Sainial ou Sainiaux (Quatre Coins), la Porte en Trieux (aux environs du Palais de Justice), et la Porte Saint-Aubain à l’angle des rues de l’Arsenal et du Séminaire; deux autres portes ne sont que de simples portes de rivage: la Porte Billewart (près de la Maison de la Culture), et la Porte de Joghiers (au bord de la Sambre, à l’entrée de la rue des Brasseurs).

    Entre ces portes, des tours renforcent l’enceinte: la Tour de Floreffe
(confluent), la Tour Marie Spilar (rue de la Tour), la Tour Saint-Jacques (beffroi), la Tour Etienne Sallet (rue E. Cuvelier), la Tour Pau d’Argent(aux environs de la rue Haute Marcelle), et, en revenant vers la Sambre, les tours de l’Officialité, Maestria et Jean de Waret.

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Il en reste trois actuellement qui perpétuent le souvenir de la troisième enceinte: la Tour Saint-Jacques (beffroi), la tour Baduelle (en mauvais état) et la Tour Marie Spilar.

Deux portes non fortifiées donnent accès à la Sambre: celle des Joghiers et celle de Billewart, face au Grogon. Ce sont de simples portes de rivages, surtout utilitaires pour la mivraison de marchandises par exemple.

Les portes et les tours seront étudiées plus en détail dans des notes spécifiques.  

     Voyez l'album photo...

 

19:15 Écrit par Pierre Pagès dans histoire, retro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

La deuxième enceinte (2)

Les habitants, entassés dans l'espace restreint du quartier des Sarrasins, occupèrent progressivement la rive gauche de la Sambre, et l'insécurité (guerres permanentes, brigandages...) provoqua la construction d'une enceinte (fin du 10è siècle ? ) englobant la rue du Pont, une partie de la rue des Brasseurs, les rues du Président et Fumal (en partie), la Marché Saint-Remy et la rue des Bouchers.

Pour sortir de la ville, une nouvelle porte fut créée, la ports Cayette, à l'entrée de la rue de l'Ange,qui s'appelait aussi "Porte aux Cinq Lions" à cause des sculptures qui l'ornaient.

Voyez l'album correspondant, avec une photo des rues concernées. On reviendra sur ces rues plus en détail dans une autrerubrique.

11:35 Écrit par Pierre Pagès dans Hier et aujourd'hui, histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

19/05/2016

Visites de Namur... à vélo. Programme de la première promenade explicative

Départ: parking du Grognon.

Explications:

- le Grognon
- Rue et place St-Hilaire
- rue du Grognon
- rue et place Pied du Château
- le Pont de Sambre
- les moulins, la rue des Moulins
- la rampe verte
- la porte de Bordial
- le monument aux morts
- le pont de l'Evêché
- l'avenue Reine Astrid et la clinique

1er arrêt: place Wiertz

Explications

- la place Wiertz
- le bd d'Omalius
- le pont de la Libération
- le parc Louise-Marie avec le pont des Hollandais
- Rempart de la Vierge
- la chapelle
- la deuxième porte de Bruxelles
- la place d'Omalius
- l'échoppe à journeaux
- la première porte de Bruxelles
- la banque nationale
- la rue de Bruxelles
- la Sorbonne
- Saint-Aubain
- les Ursulines
- les facs
- au coin de la rue Lelièvre
- au coin de la rue Godefroid

2è arrêt:place de la Gare

Explications:

- la rue de l'Escalier (rue Godefroid)
- deux banques
- l'arrière de la prison pour femmes
- les hôtels
- la Couronne
- la porte de Fer
- la rue Mathieu (rue de la Gare)
- l'échoppe à journaux
- le square Léoplold
- le kiosque

3è arrêt: place Léopold

Explications: 

- la place Léopold
- l'institut ophtalmique
- la rue L. Namêche (cercle militaire)
- la rue Rogier
- la rue du 1er lancier
- les manèges
- l'entrée de la caserne
- la rue des Tanneries
- la place L'Ilon
- la rue de la Tour

4è arrêt: place du Théâtre

Explications:

- la rue E. Cuvelier
- le Beffroi
- l'entrée de l'hôtel d'Harscamp
- l'impasse et le prison
- les quatre coins
- rue et place de l'Ange
- la statue
- le marché aux arbres
- la rue de la Cloche
- la rue de Marchovelette (marché St) Remy
- le pont de Sambre

Arrivée au Grognon.

Je vais tester la balade un de ces prochains jours et il y aura sans doute quelques modofication...

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Visites de Namur... à vélo.

N'étant pas satisfait du nouveau look des blogs "skynet", j'ai décidé d'utilisé "Namur de A à Z..." pour vous présenter les activités de "Visites de Namur... à vélo".

Vous trouverez donc ici tous les détails concernant ces balades "explicatives" dans Namur et dans la proche périphérie.

Il y aura, à terme, cinq circuits différents. Le principe ? Rassemblement des participants en un lieu donné, description de l'itinéraire... Je prévois trois arrêts, en plus du départ et de l'arrivée, ce qui fera cinq séances d'explications. 

J'ai presque rassemblé tous les ingrédients de la première promenade. Ils seront en ligne tantôt,

A tout de suite, 

Pierre

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19:25 Écrit par Pierre Pagès dans histoire, Sports, vélo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer