26/12/2016

Le pont du Luxembourg

Le pont du Luxembourg

    Ce pont est un pont ferroviaire qui enjambe la Meuse et assure la continuité de la ligne Bruxelles-Luxembourg.

     Dès le milieu du 19è siècle, Namur s'est dotée d'un réseau ferroviaire important, nécessaire pour la circulation des personnes et le développement de l'industrie.

     La jetée d'un pont ferroviaire sur la Meuse était indispensable car il n'existait qu'un seul pont du genre, le pont édifié au Val Benoît à Liège.

     Les autorités namuroises ont cherché à diminuer le coût de l'ouvrage et seules les piles ont été construites en pierre, le tablier ayant été réalisé en bois. Les travaux se sont déroulés entre août 1853 et juin 1856.

     Jambes disposait de deux lignes, l'une à destination de Luxembourg, l'autre vers Dinant. Une nouvelle ligne vers Ciney a été inaugurée en 1858 après pas mal de problèmes ! La Compagnie du Nord, en charge de la ligne Namur-Dinant, a sollicité de la Grande Compagnie du Luxembourg, l'autorisation d'utiliser le pont de la ligne D'Arlon. Devant un refus catégorique, la Compagnie du Nord a obtenu un avis favorable pour la construction d'un pont à tablier métallique à condition qu'il soit jumelé à l'autre.

     L'autre difficulté était la création d'un imposant talus qui a coupé Jambes en deux !

     En 1865, le pont en bois a été interdit à la circulation, pour des raisons de stabilité, et a été remplacé par un pont métallique. Ces deux ponts jumelés, un pour chaque compagnie, ont finalement pris le même nom: ""Pont de Luxembourg" devenu "Pont du Luxembourg".

     Le pont du Luxembourg avait un intérêt stratégique important, surtout en cas de conflit armé.

     Le Génie Belge l'a fait sauter en 1914 et 1940 avant que les alliésne l' bombardent d'une manière intensive le 6 mai 1944, empêchant de ce fait la circulation fluviale qui ne fut rétablie qu'en novembre. Mais la nuit de 25 au 26 décembre, la seule bombe larguée par un bombardier allemand le fit sauter une dernière fois. Ce n'est qu'en février 1945 que la circulation fut rétablie et un pont provisoire a été opérationnel jusqu'en 1949.

     Entre 2011 et 2013, le pont a été entièrement rénové et une passerelle cyclo-piétonne RAVEL y a été accolée.

 

 

09:18 Écrit par Pierre Pagès | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

14/12/2016

Le pont des Ardennes

    Lorsque l'on parcourt les guides touristiques des 19 et 20es siècles, Namur est à chaque fois citée comme située aux portes des Ardennes, ce qui est géographiquement inexact. Avant d'atteindre les Ardennes, il faut d'abord sillonner le Condroz et la Famenne !

     Le seul pont sur la Meuse existant en Namurois jusqu'au milieu du 20e siècle, pour atteindre la province de Luxembourg, est le vieux pont de Meuse, ou pont de Jambes, ensuite, il faut traverser Jambes, et gravir la Montagne Sainte-Barbe.

     Malgré la destruction de ses remparts au 19e siècle, Namur restait encore très fort enserrée dans sa "corbeille". Il fallait trouver des solutions pour rejoindre l'autre rive, permettant de "conquérir" d'autres zones urbanisables. L'édification du pont des Ardennes était la solution pour fluidifier le trafic routier et se diriger avec plus de facilité vers le sud du pays

     La construction ayant été décidée le 28 novembre 1947 par le ministre des travaux publics M. Behogne, l'adjudication aux Ateliers de Construction de Jambes-Namur a été officialisée en date du 16 février 1951 et les travaux ont débuté le 9 juillet de la même année. Le devis n° 9900 était devenu la commande n° 3485 ! Le pont sera construit aux frais de l'Etat belge.

     Lors de l'allocution inaugurale, le 3 juillet 1954, le bourgmestre de Namur L. Huart a rappelé que depuis près de 850 ans, le pont de Jambes était le seul passage carrossable entre les deux rives, qu'une douzaine de ministres des travaux publics se sont souciés du problème et que le roi Léopold III est venu sur place le 18 juillet 1939, huit semaines avant la déclaration de guerre, pour se rendre compte de a nécessité des travaux...

     C'est une équipe d'ingénieurs des "Ateliers de Construction de Jambes-Namur", anciennement "Ateliers Finet" et devenus plus tard "ACINA" (Aciers Namurois"), composée de Vladimir Daniel, Louis Warolus, Alexandre Zakanevitch et l'architecte Roger Bastin qui ont étudié le projet pour permettre sa réalisation.

ANNIVERSAIRE ? 

    Le 50è anniversaire du pont fut célébré très discrètement en 2004 et une publication scientifique aurait du marquer l'événement ! Un an plus tard toutefois, en 2005, le quotidien la Dernière Heure a consacré un long article au pont des Ardennes:

"  Il a vu le jour en 1954: le 3 juillet précisément, le prince Albert est venu à Namur couper le ruban inaugural. A 50 berges accomplies, l'élégant pont des Ardennes enjambe toujours d'un bond la Meuse en son endroit le plus large.
L'ingénieur concepteur du pont, M. J. Warolus, a toujours bon pied bon oeil s'exprime ainsi: " le pont a été construit pour permettre aux gens du nord de gagner les Ardennes. A l'époque, il n'y avait que le vieux pont de Jambes et le dimanche soir, il y avait une telle file de votures qu'il fallait une heure pour traverser la Meuse. Aujourd'hui, il faudrait le débaptiser car depuis le viaduc de Beez, les Bruxellois ne passent plus par le pont des Ardennes.
Il faut dire que ce pont en valait la chandelle car c'était le premier pont de 18 mètres de large et d'une seule portée de 138 mètres auxquels il faut ajouter, fixés dans le sol, des porte-à-faux de 24 mètres chacun qui forment contre-poids. Au total, cela fait donc 186 mètres, du jamais vu en Belgique à l'époque.
Une seule portée? Comme à cet endroit là, les bateaux passaient de la Sambre à la Meuse, des piles en Meuse auraient gêné la navigation voire même occasionné des dégâts. Pas question non plus d'un pont en arc: des accidents constatés en France et en Hongrie. Poids total: 2900 tonnes, 400000 rivets, 5000 m3 de béton, 3 tonnes de peinture !"
Le jour des essais, au terme de deux ans de travaux, M. Warolus a eu des sueurs froides: "24 chars Patton de 42 tonnes devaient attester de la solidité de la construction. Avant de passer le pont, ils ont défllé dans la rue Mazu, où j'habitais. Toutes les maisons tremblaient. Je me suis dit que cela ne tiendrait jamais mais si, cela a tenu".
Il a fallu attendre 17 ans, avec le viaduc de Beez, d'une portée de 151 mètres, pour battre le record du pont des Ardennes".

La dernière heure, 2005.

R. Delevoy, professeur à La Cambre, exprime son opinion: "Une seule arche franchit le fleuve avec une force tranquille et s'inscrit harmonieusement dans le paysage. Tracé souple, ligne nette, structure franche accusent un pari audacieux et rassurant. Autorité de la technique, noblesse de la forme..."

Le Cheval Bayard

    Juste à côté du pont, côté Namur, on peut voir la statue du Cheval Bayard, réalisée par le sculpteur Olivier Strebelle en 1958 dans le cadre de l'exposition universelle de Bruxelles. 

     Le Cheval Bayard a sa légende, appelée aussi légende des Quatre Fils Aymon, qui a alimenté les rêves de générations de Namurois. Ce récit épique retrace les aventures des quatre fils Aymon au moment de leur fuite contre Charlemagne.

Voici un extrait de la légende:
" Tout commence lors d'une partie d'échecs en forêt d'Ardenne. Berthelot, le neveu de Charlem, était mauvais perdant et il accusa Renaud, son vainqueur, d'avoir triché et le gifla.
Renaud saisit l'échiquier et  fracassa le crâne de Berthelot qui mourut sur le champ. Renaud, fils du duc Aymon, s'enfuit en compagnie de ses trois frères, Allard, Guichard et Richard. Leur cousin Maugis l'Enchanteur était avec eux et leur donna un cheval du nom de Bayard. IL savait galoper des jours durant sans s'essouffler.
Averti du meurtre de son neveu, Charlemagne accourut et fit dresser son camp en bord de Meuse. Des milliers de soldats l'accompagnaient.
Alors commença une fuite interminable pour les quatre frères et leur cousin, mais l'Ardenne profonde était avec eux . Les soldats commençaient à parler de sortilèges..."

 

10:20 Écrit par Pierre Pagès | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

08/12/2016

Pont de Jambes

Pont à 10 arches

    Après le dynamitage de la guerre 14-18, qui avait démoli trois arches côté jambois, en 1922-1923, deux grandes arches ont remplacé les arches détruites.

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Deux grandes arches côté jambois

Un pont provisoire

    Les dégâts dus à la guerre 40-45 ont nécessité des réparations provisoires au niveau des arches jamboises, pour permettre le passage des automobiles mais les autorités étaient conscientes des  problèmes posés par le développement de la circulation automobile et fluviale. Il fallait trouver une solution définitive.

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le pont "réparé"...

    En 1952, un pont provisoire, à tablier métallique et supportant une chaussée de trois mètres de large a été construit. La circulation y était à sens unique de Jambes vers Namur. Dans l'autre sens, les véhicules empruntaient le vieux pont.

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Pont provisoire et vieux pont

     Certains voulaient la destruction du pont et son remplacement par un ouvrage moderne, d'autres préconisaient son maintien et son adaptation (voir plus loin: "Le pont de Jambes a eu chaud").

Un nouveau pont

    Les partisans du maintien du vieux pont l'emportèrent et en 1958, on décida de reconstruire tout le pont. En attendant, le pont provisoire fut élargi de manière à permettre la circulation dans les deux sens durant toute la durée des travaux qui se déroulèrent de 1961 à 1965. La largeur du pont a été doublée, une arche centrale a été élargie et adaptée à le circulation fluviale... Le "nouveau" pont a été utilisé dès le 4 janvier 1965. Seules les trois arches de la rive gauche (côté Namur), ont consevé des vestiges intacts de l'ancien pont. 

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Le pont de Jambes a eu chaud !

     Une partie de ce pont est, avec le site d'Anhaive, le plus vieil édifice visible de Jambes... Et pourtant, on a failli le démolir ! Non plus pour des raisons de stratégie militaire comme en 14-18 et 40-45 mais pour d'autre motifs tout aussi sérieux.

     Les autorités avançaient les arguments suivants: "...le pont accentue les conséquences des crues en limitant de plus d'un tiers le débit du fleuve...La circulation n'est plus assurée et le développement de la vie commerciale et touristique en souffre... La batellerie proteste et il constitue une entrave à la circulation fluviale...".

     Historiens, namurois et journalistes, tel Boeckaert, plaidaient la cause du pont: "... Les pierres séculaires du pont appartiennent au paysage de la citadelle... Le pont fait partie du site et s'identifie à lui... ".

     La décision du Conseil Supérieur des Ponts et Chaussées qui prononça, en octobre 1947, la démolition du pont et son remplacement par un ouvrage neuf suscita de nombreuses réactions de la part des corps qualifiés comme la Commission Royale des Monuments et des Sites, de sociétés savantes comme la Société Archéologique de Namur, du Touring club de Belgique ...  

     M. Eugène Dhuicque, membre de l'Académie Royale de Belgique et architecte, écrivait ceci: " Le sort d'un des plus beaux ensembles touristiques est menacé sinon compromis. C'est en faveur de toute la vallée de la Meuse, de Namur à Givet, que je pousse un cri d'alarme... pour la défense de cette admirable réserve qui rivalise, en grandeur et en beauté, avec les sites les plus célèbres de la vallée du Rhin. Tout le monde connaît le vieux pont de pierre qui franchit la Meuse à Namur... Je n'entreprendrai pas ici de vous en retracer l'histoire. Qu'il me suffise de dire qu'un acte de l'abbaye de Géronsart, daté de 1183, en fait déjà mention comme d'un ouvrage existant depuis un certain temps à cette époque. 

     Or, que puis-je mieux faire pour souligner l'importance de cette date que de vous rappeler le fameux pont d'Avignon, élevé entre 1177 et 1185, et celui qui franchit l'Aude, sous la cité de Carcassonne, et remonte à 1184. Ces deux ponts sont, au surplus, les seuls ouvrages, appartenant au XIIè siècle, qui soient parvenus jusqu'à nous. Voilà qui suffirait - me direz-vous certainement - pour imposer le pont de Jambes à notre respect.

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Le pont d'Avignon aujourd'hui

     Le problème qui se pose dépasse donc singulièrement le cadre de l'objet qui l'a fait naître. Le vieux pont de Jambes est le dernier rempart contre  l'industrialisation de la Haute-Meuse belge. Il en est le dernier protecteur. Et c'est pourquoi tous ceux qui ont la vision claire du rôle que tiennent et gardent nos réserves touristiques se doivent de défendre la conservation de cet ouvrage vénérable dont, au surplus, la valeur historique, esthétique et archéologique ne saurait être mise en discussion..."

     La polémique dura un certain temps encore car ce n'est qu'en 1958 que la décision officielle de sauvegarder le pont a été prise, moyennant certains aménagements, dont la création de la nouvelle arche centrale en anse de panier et l'élargissement de la voirie. Les travaux ont été effectués entre 1961 et 1965 et entrepemps, le pont de Ardennes avait été construit et inauguré en 1954.

11:34 Écrit par Pierre Pagès | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

02/12/2016

Pont de Jambes

- Modifications au cours des siècles

  Moyen-Âge et temps modernes   

     Un pont en bois dès l'époque romaine ? Seules quelques traditions orales et légendes mentionnent l'ouvrage et on ne trouve évidemment aucune illustration...

     Des documents écrits de 1289 précisent que le pont était fait de bois et de pierre et comportait en son centre une tour et une porte de fer qui protégeait l'entrée sud de la ville de Namur. Au 14è siècle, cette tour fut décentrée et déplacée vers la rive jamboise. La tour et son pont-levis furent supprimés en 1760 et remplacés par une porte elle même démolie en 1884.

     Les premières gravures, dont celle de 1697, nous font découvrir un pont à sept arches avec la tour Beauregard entre la sixième et la septième et une prolongation jusque Jambes par une passerelle en bois supportée par une pile en pierre.

     Ces illustrations ont en outre confirmé l'existence de quelques maisons "utilitaires" côté jambois.

 

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    La partie jamboise du pont est restée en bois jusqu'à la fin du 18è siècle.

     Les "Dames du pont de Jambes" - 1760

Un bref rappel, je sujet ayant été abordé dans le paragraphe consacré à l'historique: c'est vers 1760, que les "Dames" ont succédé à la tour Beauregard.

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    Constatons seulement qu'avant sa canalisation, le niveau de la Meuse érait nettement plus basce qui "surélevait" naturellement le pont et augmentait la hauteur des arches. La traversée du fleuve pouvait se faire à pieds, à certains endroits ce qui n'est plus possible maintenant que pendant les périodes de "chômage"...

    Pont à neuf arches visibles

     Les illustrations photographiques d'avant 1914 nous précisent que lors des transformations du pont au 19è siècle, on a remplacé les passerelles en bois, côté Jambes, par deux petites arches en pierre. Une dixième arche s'est trouvée presqu'entièrement ensevelie sous le boulevard Ad Aquam

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Les deux petites arches, à droite

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Même commentaire

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La dixième arche et l'avancée semi-circulaire

 

12:59 Écrit par Pierre Pagès | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer