08/12/2016

Pont de Jambes

Pont à 10 arches

    Après le dynamitage de la guerre 14-18, qui avait démoli trois arches côté jambois, en 1922-1923, deux grandes arches ont remplacé les arches détruites.

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Deux grandes arches côté jambois

Un pont provisoire

    Les dégâts dus à la guerre 40-45 ont nécessité des réparations provisoires au niveau des arches jamboises, pour permettre le passage des automobiles mais les autorités étaient conscientes des  problèmes posés par le développement de la circulation automobile et fluviale. Il fallait trouver une solution définitive.

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le pont "réparé"...

    En 1952, un pont provisoire, à tablier métallique et supportant une chaussée de trois mètres de large a été construit. La circulation y était à sens unique de Jambes vers Namur. Dans l'autre sens, les véhicules empruntaient le vieux pont.

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Pont provisoire et vieux pont

     Certains voulaient la destruction du pont et son remplacement par un ouvrage moderne, d'autres préconisaient son maintien et son adaptation (voir plus loin: "Le pont de Jambes a eu chaud").

Un nouveau pont

    Les partisans du maintien du vieux pont l'emportèrent et en 1958, on décida de reconstruire tout le pont. En attendant, le pont provisoire fut élargi de manière à permettre la circulation dans les deux sens durant toute la durée des travaux qui se déroulèrent de 1961 à 1965. La largeur du pont a été doublée, une arche centrale a été élargie et adaptée à le circulation fluviale... Le "nouveau" pont a été utilisé dès le 4 janvier 1965. Seules les trois arches de la rive gauche (côté Namur), ont consevé des vestiges intacts de l'ancien pont. 

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Le pont de Jambes a eu chaud !

     Une partie de ce pont est, avec le site d'Anhaive, le plus vieil édifice visible de Jambes... Et pourtant, on a failli le démolir ! Non plus pour des raisons de stratégie militaire comme en 14-18 et 40-45 mais pour d'autre motifs tout aussi sérieux.

     Les autorités avançaient les arguments suivants: "...le pont accentue les conséquences des crues en limitant de plus d'un tiers le débit du fleuve...La circulation n'est plus assurée et le développement de la vie commerciale et touristique en souffre... La batellerie proteste et il constitue une entrave à la circulation fluviale...".

     Historiens, namurois et journalistes, tel Boeckaert, plaidaient la cause du pont: "... Les pierres séculaires du pont appartiennent au paysage de la citadelle... Le pont fait partie du site et s'identifie à lui... ".

     La décision du Conseil Supérieur des Ponts et Chaussées qui prononça, en octobre 1947, la démolition du pont et son remplacement par un ouvrage neuf suscita de nombreuses réactions de la part des corps qualifiés comme la Commission Royale des Monuments et des Sites, de sociétés savantes comme la Société Archéologique de Namur, du Touring club de Belgique ...  

     M. Eugène Dhuicque, membre de l'Académie Royale de Belgique et architecte, écrivait ceci: " Le sort d'un des plus beaux ensembles touristiques est menacé sinon compromis. C'est en faveur de toute la vallée de la Meuse, de Namur à Givet, que je pousse un cri d'alarme... pour la défense de cette admirable réserve qui rivalise, en grandeur et en beauté, avec les sites les plus célèbres de la vallée du Rhin. Tout le monde connaît le vieux pont de pierre qui franchit la Meuse à Namur... Je n'entreprendrai pas ici de vous en retracer l'histoire. Qu'il me suffise de dire qu'un acte de l'abbaye de Géronsart, daté de 1183, en fait déjà mention comme d'un ouvrage existant depuis un certain temps à cette époque. 

     Or, que puis-je mieux faire pour souligner l'importance de cette date que de vous rappeler le fameux pont d'Avignon, élevé entre 1177 et 1185, et celui qui franchit l'Aude, sous la cité de Carcassonne, et remonte à 1184. Ces deux ponts sont, au surplus, les seuls ouvrages, appartenant au XIIè siècle, qui soient parvenus jusqu'à nous. Voilà qui suffirait - me direz-vous certainement - pour imposer le pont de Jambes à notre respect.

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Le pont d'Avignon aujourd'hui

     Le problème qui se pose dépasse donc singulièrement le cadre de l'objet qui l'a fait naître. Le vieux pont de Jambes est le dernier rempart contre  l'industrialisation de la Haute-Meuse belge. Il en est le dernier protecteur. Et c'est pourquoi tous ceux qui ont la vision claire du rôle que tiennent et gardent nos réserves touristiques se doivent de défendre la conservation de cet ouvrage vénérable dont, au surplus, la valeur historique, esthétique et archéologique ne saurait être mise en discussion..."

     La polémique dura un certain temps encore car ce n'est qu'en 1958 que la décision officielle de sauvegarder le pont a été prise, moyennant certains aménagements, dont la création de la nouvelle arche centrale en anse de panier et l'élargissement de la voirie. Les travaux ont été effectués entre 1961 et 1965 et entrepemps, le pont de Ardennes avait été construit et inauguré en 1954.

11:34 Écrit par Pierre Pagès | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer

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