08/08/2016

Les églises disparues: la collégiale Notre-Dame

La collégiale Notre-Dame

     C'est dans le quartier des Sarrasins que s'élevait la collégiale Notre-Dame, considérée comme le berceau du christianisme à Namur. Selon la légende, sans véritable fondement historique, ses origines remonteraient à Saint-Materne, au 4 ième siècle de notre ère. La légende attribue aussi à Saint-Materne, qui aurait donc vécu au 4 ième siècle, et aurait été évêque de Trèves ou de Cologne, la fondation d'autres églises dont celles de Walcourt, Ciney, Marche, Dinant, Hastière... Elle en fait aussi un personnage du 1 ier siècle !

     Quoi qu'il en soit, l'église Notre-Dame était très ancienne, antérieure au 8 ième siècle puisqu'à cette époque, Saint-Ode fit élever l'église à la place d'un oratoire plus ancien: la chapelle construite par Saint-Materne ?  L'évêque de Liège Etienne y fonda un chapitre de 9 chanoines, et l'église devenait donc la "Collégiale Notre-Dame".

     "Au premier siècle, notre ville s'appelait Sédroch. On y rendait le culte à une idole appelée "Nam". Le faux dieu avait son temple creusé dans le roc, juste à l'endroit où fut construite la collégiale. Sur l'autre rive de la Meuse, à Velaine (Jambes), se dressait un autel grossier fait de grosses pierres qu'on appelait la "Pierre du Diable".Des prêtres y immolaient périodiquement des victimes humaines tandis que dans son temple, l'idole "Nam" rendait des oracles. Un souterrain passant sous la Meuse reliait l'autel au templs. Un jour, Materne et Menge, disciples de Saint-Pierre, arrivèrent en ces lieux en prêchant l'évangile. Materne mit fin à la pratique barbare des sacrifices humains et ordonna à l'idole de se taire. Les Sédrochiens émerveillés avaient alors embrassé le religion chrétienne et la ville s'était appelée "Nam-mutum" (Nam muet) d'ou était venu le nom de Namur."

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La chapelle Saint-Materne et la Pierre du Diable

 

    Le plan en relief de 1748 nous montre la "fausse porte" que les Namurois devaient franchir pour parcourir le rue Notre-Dame, et le cimetière, qui s'étendait pratiquement jusq'au rempart, juste là où se trouve maintenant la rue de la Sarasse.

     Déjà mentionnée en 1313, cette porte Notre-Dame était adossée à la collégiale et fermait le rue à hauteur de l'église. En 1408, on a installé une école au rez-de-chaussée, et à l'étge, une chapelle qui a servi de fonds baptismaux à la collégiale. On pénétrait dans cette chapelle par l'intérieur de l'église. C'est sans doute grâce à ces fonctions que le porte échappa à une destruction plus précoce et à l'urbanisation de la rue. En 1711, un conflit a opposé le chapitre de Notre-Dame au seigneur d'Hinslin, bourgmestre de Namur, qui, par ressentiment personnel semble-t-il, voulait le destruction de la porte et avait fait relever les pavés de la rue de sorte que les chariots et carrosses passaient difficilement sous la voûte du baptistère. Le chapitre, après une requête auprès de Maximilien-Emmanuel, électeur de Bavière, eut sans doute gain de cause puisque la porte ne fut démolie qu'en 1804, en même temps que l'église, par décret de Directoire de la République Française.

     Une chapelle rappelle actuellement l'existence de la collégiale.

 

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